Il peut arriver de vouloir avancer, changer ou aller mieux, tout en sentant
qu'une autre partie de soi freine, évite ou maintient certains fonctionnements.
Par moments, cela peut donner le sentiment d'être tiraillé.
L'esprit humain organise naturellement les
expériences autour de différents états. Nous avons
tous des parties de nous qui gèrent différentes
situations de la vie à leur manière : la partie qui
travaille, celle qui se soucie des autres, celle qui se
sent vulnérable, ou encore celle qui cherche à
protéger.
Lorsque ces différentes parties sont suffisamment
en lien et intégrées, elles permettent de ressentir
davantage de stabilité, de sécurité intérieure, et
d'agir avec plus de liberté.
Cette multiplicité est une composante naturelle et saine du fonctionnement humain. Elle fait partie de nous.
Lorsque nous traversons des expériences qui nous submergent, en particulier lorsqu'elles ont été vécues dans l'enfance ou de manière répétée, elles peuvent alors être enregistrées de manière compartimentée, au sein de différentes parties ayant chacune leur propre manière de percevoir, de ressentir et de réagir.
Certaines de ces parties permettent de continuer à fonctionner au quotidien, tandis que d'autres s'organisent autour de réponses de survie telles que le combat, la fuite, la sidération, la soumission ou l'attachement.
Ces dernières peuvent continuer à réagir à partir de ces vécus passés, comme si l'expérience était toujours actuelle, sans vraiment se situer dans l'ici et maintenant, ni avoir pleinement accès aux ressources dont nous disposons aujourd'hui.
Dans une compréhension informée par le trauma, ces réactions ne sont ni incohérentes, ni anormales. Elles reflètent la manière dont chacun s'est adapté, au fil de son histoire, à des expériences insupportables.
Dans une intention de protection, certaines parties tentent de
préserver une forme d'équilibre, en mettant en place des stratégies
telles que le contrôle, l'évitement, ou certaines réactions qui peuvent
sembler aller à l'encontre de ce que l'on souhaiterait pour soi.
Si ces réactions ont souvent été aidantes, elles peuvent, dans le
présent, ne plus suffire, devenir contraignantes, ou ne plus
correspondre à ce qui est souhaité aujourd'hui.
La sécurité intérieure peut alors se fragiliser, laissant place à des réactions qui s'imposent,
un sentiment de décalage avec soi-même, ou une difficulté à se situer dans le présent
et à comprendre ce qui se passe en soi.
Développées et utilisées à l'international, les approches centrées sur les parties, telles que la théorie des états du Moi, l'IFS (Internal Family Systems) et le TIST (Trauma-Informed Stabilization Treatment), sont aujourd'hui reconnues dans le champ du traitement du trauma pour leur pertinence clinique.
Elles peuvent s'intégrer à d'autres modalités thérapeutiques, notamment l'EMDR, afin de soutenir un travail en profondeur et ajusté.
Le TIST s'inscrit dans une compréhension contemporaine du trauma, ancrée dans les connaissances neurobiologiques, et considère les symptômes non comme des dysfonctionnements, mais comme des réponses adaptatives portées par différentes parties de soi.
Le TIST propose une manière de travailler avec les différentes parties de soi, en tenant compte du fonctionnement du système nerveux, dans un cadre progressif, sécurisant et respectueux des capacités de chaque personne.
Le travail consiste notamment à apprendre à reconnaître ces parties, à s'en différencier progressivement, et à entrer en relation avec elles de manière plus consciente et contenante.
Un accompagnement intégrant le travail avec les parties transforme la relation aux symptômes et ouvre peu à peu un espace pour mieux se rencontrer soi-même et comprendre ses relations aux autres. Les réactions automatiques s'apaisent, laissant davantage de place au choix et au pouvoir d'agir. C'est un travail doux et profond, qui permet de se sentir progressivement plus stable et plus libre.